La créativité humaine est sans limites et les idées ne manquent pas pour imaginer de nouveaux produits. Mais avoir des idées est une chose, l’exécution en est une autre…

J’ai vu récemment le concept Go FlyEase dans une vidéo de Nike qui a fait le buzz sur internet. Il s’agit d’une chaussure avec un enfilage rapide qui ne nécessite pas l’usage des mains : plutôt bien vu !

Puis, en une fraction de seconde, je me suis rappelé une idée similaire qu’un de mes groupes d’étudiants avait eue en phase de créativité lors d’un projet. La marque de sport pour laquelle nous avions réalisé cette étude nous avait confié avoir eu aussi la même idée quelques années auparavant, mais sans jamais l’avoir exploitée.

Ensuite, en survolant les commentaires sous la vidéo, j’ai constaté également que de nombreuses personnes avaient eu aussi la même idée. Bref, tout ça pour dire qu’une idée ne vaut pas grand-chose si elle reste dans les tiroirs.

Pourquoi une idée seule ne vaut (presque) rien

Avoir des idées n’est pas un problème…

Vous voyez apparaître régulièrement des innovations qui mettent en œuvre des idées que vous avez déjà eues ? C’est normal on a tous des idées, voire certains d’entre nous des dizaines à la minute. En réalité, les idées ne manquent pas et les bureaux d’études en ont plein les tiroirs.

Avoir des idées n’est donc pas un problème. Enfin, il est bien d’en avoir évidemment, car sans cela il n’y a pas de projet, mais ce n’est pas une finalité.

Ce qui compte avant tout c’est son exécution

La concrétisation d’une idée est sans doute ce qui est le plus difficile. Il y a une différence énorme entre IMAGINER et FAIRE. Et vous l’aurez deviné, c’est le fait de FAIRE qui a le plus de valeur.

C’est cette étape qui rend l’idée tangible et permet de se projeter. C’est cette étape qui éprouve votre idée face aux contraintes techniques et à la réalité du marché.

Voici quelques conseils qui vous permettront de prendre du recul et de faciliter le passage de l’idée à l’exécution.

L’idée dans le processus de création

Être le premier à avoir eu une idée

Si vous pensez avoir eu l’idée du siècle, il y a de grandes chances que vous pensiez être le premier à l’avoir eu. Ceci dit c’est plutôt normal, car si vous ne l’avez jamais vue mise en œuvre autour de vous, la conclusion qu’elle n’ait jamais existé semble se défendre. 

Or il existe plus de choses que l’on ne connaît pas que de chose que l’on connaît. On a une vue tronquée de la réalité. Donc penser qu’on est le premier à avoir eu une idée est une hypothèse probablement fausse ou tout du moins qui mérite d’être vérifiée. 

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Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai constaté qu’une idée existait déjà en effectuant une recherche d’antériorité dans les bases de données brevet. Or omettre cette réalité peut vous faire perdre un temps fou à réinventer ce qui existe déjà.

De plus, si votre idée vous semble intéressante et avoir du potentiel, dites vous aussi que c’est sans doute le cas pour de nombreuses autres solutions. Il n’y a pas qu’une option face à un problème. L’idée que vous cajolez et qui vous semble extraordinaire pourra paraître à certains complètement sans intérêt.

L’influence du contexte

En réalité, les idées sont influencées par le contexte dans lequel nous vivons. Elles circulent dans de nombreux esprits au même moment.

Par exemple, l’avènement d’une technologie aura un impact dans la tête de milliers d’inventeurs. C’est compréhensible, car par association d’idées, de nombreuses personnes formuleront au même moment les mêmes connexions. Ceci dit, plus rares sont celles qui iront jusqu’à concrétiser l’idée et en faire un business lucratif.

Le réflexe de protéger sa trouvaille

Dès lors que l’on pense avoir une idée géniale, le réflexe est de la protéger. Si vous avez déjà vécu ce type de sentiment, je pense que vous voyez de quoi je parle. La peur de se faire copier devient presque plus forte que celle de collaborer pour essayer d’améliorer l’idée de départ.

Pour autant, on a tous constaté qu’une idée se bonifie à l’épreuve des critiques qu’elles soient positives ou non. Attention, je ne veux pas dire qu’il ne faut pas se protéger, mais la protection ne doit pas tuer dans l’oeuf un projet qui aurait mérité de grandir un peu plus.

Gardez en tête que protéger c’est aussi figer les choses qui auront ensuite plus de mal à évoluer. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas déposer trop tôt un brevet au risque de vous figer sur un concept qui n’est peut-être pas suffisamment mature.

L’idée c’est 1% du projet

Certains aiment dire qu’après l’idée, c’est le début des problèmes… Pour ainsi dire, l’idée est la partie Fun de l’exercice. C’est un peu vrai, car c’est le moment où les choses deviennent plus complexes à gérer. Les contraintes arrivent et il faut bien les prendre en compte.

L’innovation est un tout : le résultat final est donc lié à la qualité de l’idée et aussi à son exécution. 

Jason Fried – un entrepreneur américain – en a même formulé une équation. Je trouve l’idée intéressante et elle a le mérite de donner plus de poids à la qualité de l’exécution – qui englobe le produit et la manière dont il est délivré – qu’à l’idée elle-même. Ici, l’idée est davantage assimilée à un multiplicateur de l’exécution.

Idée x Exécution = business

5 secrets pour favoriser le passage de l’idée à l’exécution

1. Parler de son idée pour la bonifier

Le fait de parler de ce que l’on fait encourage à se projeter en avant. C’est un premier pas qui bien souvent motive à enclencher la vitesse suivante pour aller de l’avant.

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Ceci dit, lorsque vous parlez de votre idée à quelqu’un, vous n’êtes pas obligé de tout dire. Il ne faut pas donner toutes les infos à la même personne. C’est un bon principe à appliquer dès lors que l’on travaille dans l’innovation.

De manière générale, c’est une fois réalisé que votre idée générera des émules (et des convoitises). Vous avez peut-être remarqué que lorsque vous présentez une innovation sur un salon, vos concurrents n’étudient pas l’idée en elle-même, mais plutôt la manière dont vous l’avez réalisée. C’est la mise en œuvre qui révèle le plus de secrets.

Donc, ne restez pas isolé avec votre idée géniale, mais au contraire communiquez-la pour la faire grandir tout en restant vigilant bien sûr sur les règles principales de la confidentialité.

2. Répondre à un besoin et le vérifier

Dès lors qu’une idée vous traverse l’esprit, posez-vous la question du bénéfice pour le client. Est-ce que votre idée répond vraiment à un problème ? Pour le savoir, rien ne vaut le terrain avec un prototype entre les mains. C’est la rencontre directe avec les utilisateurs qui vous donnera les meilleures réponses.

Pour valider un marché, c’est la même histoire. Il vous faudra une représentation de votre produit pour pouvoir organiser un test à la vente. Vous ne vous lancez pas dans une campagne de financement sans montrer à quoi ressemble votre offre.

En somme, c’est l’exécution de votre idée qui vous permettra d’en tester le vrai potentiel.

3. Fait est mieux que parfait

En cherchant à faire les choses parfaitement, on se confronte à une des limites du perfectionnisme : un produit n’est jamais parfait. Du coup, pendant que certains réfléchissent, d’autres passent à l’action avec des moyens plus simples. C’est sûr que c’est peut-être moins impressionnant, mais la solution a le mérite d’exister. 

A l’image de Nike qui avec son concept d’élastique propose une solution simple et efficace. On aurait pu imaginer des solutions sans doute plus efficaces, mais peut-être plus complexes et plus difficiles à mettre au point.

Pour avancer dans votre projet, c’est le premier pas le plus important. S’il n’a pas lieu, rien ne se passe. Dans l’exécution d’une idée, il vaut mieux une première étape réalisée de manière imparfaite qu’une réflexion parfaite qui n’aboutit à rien. À trop réfléchir, on peut facilement repousser les choses infiniment et c’est le début de la procrastination.

Le fait de FAIRE vous amène à de nouvelles questions que vous n’auriez jamais pu anticiper par une analyse. C’est d’autant plus le cas dans l’innovation où vous explorez des territoires inconnus.

4. Faire avec les moyens du bord

En faisant les choses simplement avec les moyens disponibles, vous concrétiserez plus facilement votre idée. Ce qui compte c’est de concrétiser votre proposition de valeur au plus tôt. Ça permet à plus de personnes de se faire un avis et de remonter des feed-back pertinents qui permettront de faire progresser votre offre.

Cette réflexion concerne aussi les moyens industriels à mettre en oeuvre. En faisant appel à des moyens disponibles, que ce soit chez vous ou chez vos partenaires, vous vous donnez plus de chance de concrétiser votre projet dans un délai raisonnable.

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5. Rester souple sur ses appuis

Lorsque vous vous lancez dans un projet, vous ne pouvez pas tout savoir ni tout anticiper. C’est la même chose pour la concrétisation d’une idée innovante. Le fait est que plus vous avancez sur votre chemin plus votre idée évolue.

Par exemple il est toujours intéressant de ressortir les premiers prototypes d’un projet. Avec le recul, on observe avec évidence leur imperfection. Voire dans certains cas on a même un peu honte ! 🙂

Dans un projet, il est rare que tout se passe comme prévu. Alors, à quoi bon s’en faire : faites et corrigez le tir à la manière du Lean Startup. C’est en exécutant votre idée que vous obtiendrez au fur et à mesure des réponses concrètes à vos questions. C’est sur cette base tangible que vous pourrez intégrer des évolutions pertinentes.

Et maintenant ?

Prioriser et passer à l’exécution

Évidemment vous ne pouvez pas concrétiser toutes les idées qui vous passent par la tête. C’est la raison pour laquelle, je vous encourage à prioriser avant de passer à l’action. Et en même temps, dites-vous que choisir c’est renoncer. Et il vaut mieux quelquefois faire de mauvais choix et corriger le tir que de ne jamais choisir. C’est un bon principe pour avancer.

Lorsque vous priorisez vos idées avant de passer à l’action, retenez celles qui apportent le plus à vos clients. Ça paraît simple de le dire comme ça, mais votre idée ne vaut quelque chose que lorsque vos clients paient pour elle : il est toujours bon de se le rappeler.

Ne pas rester seul

De manière générale, dans la vie la solitude est une mauvaise conseillère. C’est la même chose dans l’innovation, vous avez plus à gagner en collaborant qu’en restant seul. 

Que vous soyez salarié dans une entreprise ou seul à développer votre projet : ce conseil reste le même. Restez ouvert et confrontez vos idées en permanence avec celles des autres : c’est une nécessité pour avancer et rester motivé durablement. 

Et si vous vous posez des questions sur votre projet pour passer de l’idée à l’exécution : parlons-en !

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