• 9
    Partages

Face à un inventeur de génie, on imagine souvent un gouffre entre ce qu’il a pu réaliser et ce qu’on estime être capable de faire à titre personnel. Rétrospectivement, plus l’invention est géniale, plus les moyens pour y arriver nous semblent avoir été exceptionnels.

Du coup, on ne se sent pas toujours capable de pouvoir réaliser de grandes choses par peur de ne pas être au niveau, ou tout simplement par peur d’engager son entreprise ou son projet dans la mauvaise voie.

Alors qu’au fond de nous sommeille l’âme d’un inventeur. La volonté de proposer un produit utile aux autres. Un produit dont on soit fier. L’envie de laisser une trace de nos projets . Et de voir son nom figuré sur des brevets d’invention ne nous laisse pas insensible 🙂

Qui ne rêverait pas de gagner un concours de l’innovation et d’être associé à une invention connue du grand public ou d’être à la tête d’une start-up innovante ?

Le mythe de l’inventeur

En réalité, la plupart d’entre nous partagent des idées fausses sur ce qu’est ou fait un inventeur. Nous pensons souvent à quelqu’un qui crée quelque chose de nouveau, quelque chose qui n’a jamais existé auparavant.

Mais en réalité, cette façon d’inventer est une illusion. La plupart du temps un inventeur combine des idées entre elles. De manière consciente ou non, le principe “ternaire” est souvent à la base de tout. L’association de deux idées en fait naître une troisième.

En lisant cet article, vous découvrirez des pistes de réflexion qui vous permettront de libérer l’inventeur qui est en vous. Je vous propose de vous guider à travers 10 principes qui pour moi sont la base de ce qu’il faut savoir.

L’état d’esprit de l’inventeur en 10 principes

1 – L’observation

Les inventeurs voient rarement le monde tel qu’il est. Ils le voient tel qu’il pourrait être. L’inventeur passe du temps à observer et à relever les problèmes à traiter, qui seront pour lui autant d’opportunités pour proposer une solution.

Ils n’acceptent pas le statu quo et contestent toujours les notions acceptées. Bon nombre de problèmes « non satisfaits » polluent notre quotidien sans que personne ne s’en soucis. Jusqu’au jour ou un inventeur apporte une solution. Et là on s’exclame : il fallait y penser !

Prenons l’exemple du masque de plongée. Nombreux sont les débutants qui éprouvent des difficultés pour apprendre à respirer uniquement par la bouche à travers le tuba … et encore quand celui-ci n’est pas sous l’eau ! Le masque Easybreath de Subea (Décathlon) a répondu à ce besoin en développant un masque intégral et un système de conduit d’air astucieux. Un carton commercial !

2 – L’esprit prototypage

Les inventeurs ne pensent pas en noir et blanc. Lorsqu’une chose ne fonctionne pas, ils ne la considèrent pas comme un échec. Ils essaient autre chose. Dans un monde incertain, le mode essai-erreur-apprentissage est un bon moyen pour avancer.

Une équipe qui veut innover cherche à faire des erreurs et à échouer rapidement. C’est le meilleur moyen pour apprendre vite et progresser dans l’inconnu. Dès que vous avez une idée, cherchez à la prototyper rapidement pour voir ce qu’elle a dans le ventre. Passer de l’idée au prototype vous oblige à intégrer des contraintes. Et c’est surtout un moyen formidable pour récolter des feedbacks.

Prenons l’exemple de James Dyson. Il a vraiment instauré la culture du prototypage au sein de son entreprise. Chaque jours les ingénieurs de Dyson affinent en permanence leurs idées. Ils prototypent rapidement pour tester leurs concepts et les améliorer grâce aux feedbacks qu’ils reçoivent.

«Affiner. Améliorer. Affiner. Améliorer.» James Dyson

3 – La complexité

Beaucoup de gens ont un état d’esprit binaire. Ils pensent que tout dans la vie est une chose ou une autre, vrai ou faux, possible ou pas possible. Alors qu’il ne faut pas chercher à toujours tout mettre dans des cases. Le monde est plus complexe que ce qu’on imagine souvent.

Combien de fois j’ai entendu « Ça ne va pas marcher, car on a essayé et c’était un échec ! ». Cette phrase résonne comme si on était allé au bout des choses avec certitude. Ou comme si le monde qui nous entoure s’était figé. Alors que souvent, c’est en s’appuyant sur des échecs que l’on apprend à mieux cerner la complexité d’une situation. Et ainsi trouver la solution juste.

Être inventeur requiert une réflexion originale. L’inventeur sait faire le pas de côté pour voir le problème sous un autre angle. Il s’autorise à sortir du cadre. Pour toute idée farfelue, il y a quelque chose à tirer.

4 – L’ouverture

Pour innover, il ne faut pas rester seul. On a toujours intérêt de s’ouvrir aux autres. Confronter des points de vue est un bon moyen pour enrichir une idée et se poser des questions. Même si au final, c’est votre intuition qui vous guidera.

Travailler en groupe et opter pour une unité de lieu favorise les échanges et la créativité. Les relations sont plus directes, plus vivantes et plus authentiques. Être ensemble favorise les échanges, les feedbacks et les retours d’expériences.

S’ouvrir s’est aussi accueillir la diversité à bras ouvert pour s’enrichir. Si vous validez le concept d’un produit en invitant que des ingénieurs autour d’une table, vous n’aurez qu’un point de vue d’ingénieur… 🙂

«Un esprit est comme un parachute. Il ne fonctionne pas s’il n’est pas ouvert.» Frank Zappa

5 – La simplicité

Cherchez à supprimer le problème avant de chercher à le résoudre en y ajoutant des rustines. Chaque rustine résout un problème, mais en crée d’autres … Il vaut souvent mieux chercher à faire simple avant de chercher à faire mieux. C’est un bon principe pour éviter les usines à gaz 🙂

La simplicité doit aussi nous guider à travailler avec des ressources limitées. Il est facile de faire de la sur-qualité pour se sécuriser, mais il est beaucoup plus difficile de faire le produit juste.

6 – L’expérience

Il est important d’apprendre de ses échecs, mais aussi de ceux des autres. On a toujours à apprendre des autres. C’est d’ailleurs pourquoi les retours d’expérience sont si riches. D’autant plus lorsqu’il s’agit de projets qui nous ont marqués.

A travers l’expérience, on se rend souvent compte que la vie d’un projet n’est pas un long fleuve tranquille. Et cela permet souvent de démystifier l’innovation. Évidemment, il ne faut pas que ces retours d’expérience deviennent un dogme, mais juste un moyen de vous inspirer.

Plutôt que de réinventer à chaque fois le fil à couper le beurre, il est essentiel de capitaliser sur ce qui a été fait par le passé. Il ne s’agit pas de copier, mais de s’inspirer pour faire mieux, s’inspirer pour faire différemment.

«La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information.» Albert Einstein

7 – L’invention est une combinaison de briques existantes

En rentrant dans le monde des brevets, on constate facilement que les inventions proches sont fréquentes. En réalité, chaque invention en cite d’autres. Chaque brevet fait référence à une autre solution technique proche, en expliquant sa propre différence pour justifier de sa nouveauté et de son inventivité.

En réalité, aucun projet ne naît de rien. L’inspiration nous parvient toujours de quelque chose existant déjà dans le présent. On assemble des briques créées par nos prédécesseurs. On innove à partir du passé et du présent. D’ailleurs, il est quelque fois difficile d’attribuer l’invention d’un produit à quelqu’un.

Prenons un exemple dans le monde de la randonnée : celui de la poche à eau avec pipette.

1978 L’inventeur GOTTA HAROLD invente le réservoir d’eau positionné autour de la taille. Brevet US4090650.

1991 La société FASTRAK SYSTEMS invente la poche à eau portable sur le dos pour les cyclistes. Introduction du nom camel bag dans l’intitulé du brevet. Brevet US5060833.

1994 La société ULTIMATE DIRECTION invente la poche à eau portable sur le dos pour les athlètes en proposant une forme pour résoudre le problème de ballottement. Brevet US5427290.

1996 La société BIANCHI invente la poche à eau modulaire qui s’intègre dans un compartiment du sac à dos de randonnée. Brevet US5816457.

Alors, qui a inventé la poche à eau pour la randonnée ?

Dans l’exemple précédent, on comprend bien que chacun a été contributeur d’une étape de l’évolution du produit. Mais aucune nouvelle idée n’aurait pu exister sans les précédentes. En tout cas, rien ne le prouve.

8 – Voir ailleurs

Nous vivons dans un monde clos … mais il est grand. Tout du moins, si vous prenez la peine de voir ce qui se fait autour de vous. Aller sur des salons concernant votre marché ou dans un univers proche est un excellent moyens pour cela.

Le principe d’innovation par association d’idée est un levier très puissant pour innover. Eh bien, j’ai une bonne nouvelle vous avez plein de leviers autour de vous pour inventer de nouveaux produits. Sans forcément allez très loin, il suffit souvent de regarder autour de soi dans un univers de produit proche.

Prenons l’exemple de la chaussure One many de la marque Newfeel. L’idée est venue suite à un voyage au brésil du responsable de la marque qui avait observé l’existence de chaussures simples et tendances pour la marche urbaine avec un colorama hyper large. C’était là-bas un vrai carton commercial !

9 – L’utilisateur

Trop souvent, on aborde le développement de nouveaux produits par la technique. Alors qu’en réalité, ce qui intéresse les gens, c’est ce que va leur apporter le produit, ce qu’il va transformer dans leur vie. C’est l’expérience qu’ils vont vivre à travers l’usage du produit. La technique est juste là pour répondre à une fonction.

Il est donc essentiel de s’intéresser au comportement de l’utilisateur et de chercher à améliorer les interactions avec le produit que l’on développe. Ne pas oublier d’observer l’utilisateur avant de chercher des idées. C’est une source d’inspiration inépuisable pour innover. Et ne pas oublier non plus de lui faire tester les produits au plus tôt dans le processus pour obtenir des feedbacks sur l’usage.

«Vos clients les plus insatisfaits sont votre plus grande source d’apprentissage.» Bill Gates

10 – Accepter d’être imparfait

Les personnes qui ont inventé de nouveaux produits sont des personnes qui comprennent que rien n’est parfait tel quel. Mais qu’il est nécessaire d’avancer par étapes successives. L’histoire nous montre que les produits naissent souvent imparfaits quand ils sortent pour la première fois.

Par exemple le premier avion des frères Wright était dangereux. Le premier baladeur radio de Sony n’avait pas un bon son. Le premier ordinateur d’IBM avait une ergonomie réservée aux seuls initiés en programmation. On pourrait trouver des milliers d’exemples comme ceux là…

Accepter de montrer des produits imparfaits n’est pas toujours évident. Mais en réalité ce qui est important, c’est de passer à l’action et d’améliorer ce que nous faisons. Chercher à faire parfait vous prendra un temps fou ! Et si votre produit ne convient pas, vous aurez mis trop de temps pour vous en apercevoir…

Et maintenant ?

Tout le monde a le potentiel d’être un inventeur. Tout dépend de la façon dont vous pensez les choses. J’espère que la lecture de ces 10 principes vous donnera des pistes de réflexion et vous permettra de vous poser quelques questions.

Il n’y a pas de vérité dans l’innovation, mais uniquement des principes qui ont fonctionné pour beaucoup d’inventeurs. Des principes que j’ai pu aussi expérimenter depuis plus de 20 ans.

Voilà, c’est la fin de cet article. Si vous avez trouvé le contenu intéressant, n’hésitez pas à ajouter vos commentaires en dessous. Et le partager avec vos amis ou vos collègues si vous pensez que ça pourrait leur être utile 😉

A très vite sur le blog Innover malin !


  • 9
    Partages
  • 9
    Partages

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *