L’innovation en entreprise fait partie des sujets dont tout le monde parle et qui en même temps génèrent de nombreuses questions, notamment sur la (bonne) manière de procéder.

Lorsque je présente des histoires d’innovation sur lesquelles j’ai été acteur ou témoin en entreprise, je conclus toujours par une observation : il n’y a pas un seul chemin pour innover. En réalité, chaque projet démarre dans un contexte différent et rencontre des difficultés qui lui sont propres. C’est ce qui fait aussi le charme de ces projets : la routine n’existe pas !

Mon expérience m’a également amené à retenir certaines bonnes pratiques. Ce sont ces principes qui me guident dans les projets sur lesquels je travaille et que j’enseigne dès que j’en ai l’occasion.

Dans cet article, je partage avec vous ces principes essentiels à l’innovation en entreprise en les présentant autour de 4 piliers. C’est l’occasion pour vous de faire le point et de vous questionner sur votre propre manière de faire. Cette réflexion vous aidera à construire votre démarche d’innovation sur des bases solides.

1. Trouver l’inspiration

Un esprit est comme un parachute. Il ne fonctionne pas s’il n’est pas ouvert.

Frank Zappa – Musicien américain

La veille

Dans l’innovation, il est important de rester connecté à l’évolution de votre domaine d’activité. C’est ce qui vous permet d’identifier de nouveaux challenges et d’espérer avoir une longueur d’avance sur vos concurrents. 

Un des objectifs de la veille technologique est justement de voir des opportunités où les autres n’en voient pas. Un bon moyen d’y parvenir est de se maintenir informé des nouvelles technologies et des brevets d’invention. Pour cela, n’hésitez pas à vous intéresser à d’autres domaines que le vôtre, notamment des domaines proches. 

Il est donc nécessaire de cultiver un esprit ouvert, mais aussi d’identifier là où votre entreprise veut aller pour orienter votre exploration. Vous n’êtes pas sûr de ce que vous allez trouver, mais c’est toujours plus facile d’innover lorsqu’on cherche à atteindre un but. Et c’est d’autant plus efficace lorsque cette vision est partagée.

Au quotidien, il est important de saisir les opportunités dans l’instant présent, car attention, les idées sont éphémères. Pour éviter de les oublier, un moyen simple et pratique est la prise de notes. Notez toutes vos idées, consultez-les régulièrement et partagez-les!

Le terrain

On ne peut pas innover seul en restant enfermé dans son bureau. L’innovateur est un explorateur qui part régulièrement à la rencontre de nouvelles expériences et de nouvelles informations. En cela, le voyage est une source d’inspiration inépuisable pour innover. 

L’innovation est souvent une histoire d’observation et d’échange sur le terrain. On comprend toujours mieux les problèmes à résoudre dès lors que l’on se trouve au plus près de l’action en vivant l’expérience utilisateur sur le terrain

Dans une démarche d’innovation, n’hésitez pas à rencontrer des utilisateurs extrêmes qui sauront vous apporter un point de vue différent sur l’usage d’un produit. Le fait de voir et d’aborder différemment une problématique permet souvent de faire un pas de côté et de voir de nouvelles opportunités.

2. Comprendre le problème (ou le besoin)

Si vous ne pouvez pas l’expliquer simplement, vous ne le comprenez pas assez bien.

Albert Einstein – Physicien

S’immerger dans le monde du problème

Lorsqu’on travaille en entreprise, on manque toujours de temps et de moyens. Quelle que soit la taille de l’entreprise, c’est presque toujours le cas. Dans un souci de productivité, chacun s’efforce de travailler rapidement en allant droit au but. C’est une bonne chose dans de nombreux cas, mais pas pour l’innovation.

En allant vite vers des solutions évidentes, vous perdez l’occasion de découvrir de nouvelles opportunités. Vous vous enfermez dans un schéma de pensée accessible à tous. Vous restez scotché au design dominant qui – sans que vous vous en rendiez compte – exerce une force d’attractivité sur votre manière de concevoir les objets ou de proposer des services.

Il existe des problèmes évidents, il ne faut pas toujours se faire des nœuds au cerveau. Mais investir du temps dans la compréhension du monde du problème est un investissement utile pour la suite des opérations. Cet investissement peut se traduire par un benchmark, une journée en immersion avec vos utilisateurs ou tout simplement un échange en posant les bonnes questions.

Il faut donc résister à la force d’attraction du monde des solutions. L’immersion dans le monde du problème est une première étape essentielle pour s’imprégner de la situation, il ne faut pas sous-estimer cet investissement.

Il est également intéressant en entreprise, lorsqu’on veut innover, de savoir d’où l’on vient. Les produits suivent un chemin d’évolution depuis des années qu’il est bon de connaître. Car bien souvent les tendances se dessinent en prenant du recul. C’est ce qui vous permet par extrapolation de préfigurer les étapes suivantes de son évolution.

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Identifier un problème

Lorsqu’on fait face a un problème en entreprise, on peut ressentir parfois une forme de découragement. Les problèmes s’empilent et parfois représentent une charge difficile à surmonter.

Mais il ne faut pas oublier qu’ils sont aussi et surtout une opportunité pour innover. Encore faut-il identifier les besoins les plus attractifs pour vos clients, ceux qui sont les plus à même de les surprendre et rendre votre offre unique et désirable.

Il est important d’aligner vos choix de conception avec le besoin réel de vos clients. C’est un bon point de départ pour proposer un bon produit, à la bonne personne, au bon moment. Bref, cherchez toujours à créer un produit qui sonne juste avec les attentes de vos clients !

Mais quelques fois, on fait face à des contradictions difficiles à résoudre. Heureusement des outils comme la méthode TRIZ peuvent vous aider à résoudre ces problèmes en vous appuyant sur des principes universels applicables dans tous les domaines.

En tout cas, il est essentiel d’être concret et d’observer l’expérience que vivent les utilisateurs sur le terrain. C’est un préalable pour vraiment comprendre comment le produit est utilisé et fonctionne. C’est la base pour identifier rapidement un problème technique

Si vous prenez le temps d’aller à la rencontre de vos utilisateurs, ce que je vous recommande de faire, pensez à structurer vos questions sous la forme d’une interview utilisateur. Rappelez-vous qu’il est toujours plus facile d’innover quand on répond à un problème. Et plus votre client comprendra que vous proposez une solution à son problème, plus il vous en sera reconnaissant.

Analyser un problème

Certains problèmes sont plus difficiles à résoudre que d’autres. Et faute de temps, on a quelques fois envie de baisser les bras. Mais heureusement, il existe des méthodes d’analyse bien utiles pour vous aider dans cette démarche.

Ces méthodes vous permettent de mener une analyse au coeur de votre système comme le bloc-diagramme fonctionnel ou de décomposer l’usage d’un produit comme le diagramme FAST. Elles visent généralement à représenter et décomposer votre problématique générale en sous-problèmes plus faciles à appréhender.

Voir un problème sous un autre angle de vue – ou sous une nouvelle représentation – vous aide à faire un pas de côté et ouvre la voie à de nouvelles opportunités. Le chemin de l’innovation passe souvent par des voies détournées.

3. Trouver une solution

L’art et le métier ne sont pas deux choses séparées. Invention et génie ne peuvent se passer ni de savoir ni de méthode.

Jacques Copeau – Artiste français

On est tous à même d’avoir des idées face à un problème à résoudre. Mais avoir des idées est une chose et trouver une solution innovante en est une autre. C’est la raison pour laquelle il est important en entreprise de savoir utiliser des méthodes de créativité.

Animer une séance de créativité

L’innovation est un sport collectif, il vous faut donc savoir développer l’intelligence collective, encourager la créativité et le plaisir de travailler ensemble. Ce sont de bons moteurs pour innover en entreprise. Du coup, savoir organiser une séance de créativité – sans s’en remettre à chaque fois à une compétence externe – est certainement un savoir-faire à développer.

Pour réussir votre séance de créativité – ou tout simplement un brainstorming – inutile de chercher à faire des choses compliquées. Il faut juste vous laisser guider par de bonnes pratiques qui vous permettent de bien animer votre atelier.

Développer sa créativité

Ensuite à un titre plus personnel, il est possible que vous ayez envie de développer votre créativité personnelle. Là aussi, il existe des méthodes simples pour vous aider à lutter contre la fixation psychologique qui est l’ennemi numéro un de la créativité. 

En ayant conscience de ce frein à l’innovation, vous pourrez libérer l’inventeur qui est en vous ! Car depuis notre plus jeune âge, nous avons tous des ressources créatives qu’il suffit juste de stimuler avec des techniques de pensée divergente.

En maîtrisant le processus créatif qui est à la base de toute idéation, vous réussirez à produire des idées inventives à la demande. C’est d’autant plus important lors d’un atelier, car on cherche à obtenir un maximum de résultats en un temps limité.

Produire des idées

Pour produire des idées vous vous êtes sans doute rendu compte qu’il existe de nombreuses méthodes. Ce n’est pas un problème bien au contraire, mais ce qu’il faut avant tout c’est savoir dans quel cadre les utiliser. Avoir des outils c’est bien, savoir à quoi ils servent et savoir les utiliser efficacement c’est mieux.

Le point de départ est important pour savoir quelle méthode utiliser. C’est votre intention de départ qui vous guidera dans le choix de la méthode.

Vous pouvez produire des idées inventives de plusieurs manières, par exemple :

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Comme vous le voyez, les méthodes ne manquent pas, mais à chaque fois c’est votre intention de départ qui doit vous guider dans votre choix !

Sélectionner une idée

Bien souvent, les idées ne manquent pas, on en a tous plein les tiroirs. En revanche, le plus difficile est de sélectionner la bonne : celle qui a le plus de chances de succès pour votre entreprise. Le choix est tellement engageant pour l’avenir qu’il peut faire peur et générer de sérieux doutes.

Heureusement, il existe des critères pour sélectionner vos meilleures idées de concept. C’est bien utile pour sortir d’un débat passionné et pour se poser les bonnes questions. Il faut absolument sortir du « j’aime / j’aime pas ». Car pour faire un bon choix il est essentiel d’évaluer plusieurs aspects de votre concept : sa faisabilité, son attractivité, mais aussi son marché potentiel.

Tester un concept 

L’étape ultime pour se faire une idée reste la preuve de concept : le POC – acronyme anglais de Proof Of Concept. C’est cette étape qui vous permettra de mesurer la faisabilité et l’intérêt réel de votre concept.

Lui donner vie avec un prototype et en avoir un retour vous donne des informations capitales pour continuer à avancer dans la bonne voie : celle de la satisfaction des besoins de votre client. La concrétisation d’un concept et pouvoir le tester est toujours un moment clé qui conclue le processus d’idéation.

Pour rester agile dans votre démarche, je vous conseille d’appliquer la démarche Lean Startup à votre projet d’innovation. Ca vous permettra d’avancer pas à pas et plus sereinement vers la voie du succès !

4. Manager l’innovation

Que la stratégie soit belle, mais n’oubliez pas de regarder le résultat.

Winston Churchill – Homme d’état britannique

Favoriser l’innovation en entreprise

Malgré tout, vous l’avez sans doute ressenti ou expérimenté : chercher à innover n’est pas un processus naturel ou alors pas toujours intuitif. Car bien souvent on se réfère inconsciemment à des situations passées et on se met des freins terribles pour changer nos habitudes. C’est la raison pour laquelle il faut savoir appréhender l’innovation de manière différente d’un projet standard pour rester agile et faire face à l’incertitude.

Si vous êtes manager ou porteur d’un projet, vous avez sans doute aussi remarqué la difficulté de passer de l’idée à la réalisation. C’est normal, car une idée ne vaut (presque) rien, seule compte son exécution. C’est sa réalisation qui est le plus difficile et donc qui a le plus de valeur.

Un bon moyen est d’ouvrir votre organisation vers l’extérieur. L’open innovation peut vous apporter des ressources et un accès à de nouvelles compétences bien utiles pour affronter les défis technologiques qui se présentent face à vous.

Un bon moyen est de vous appuyer sur des communautés de l’innovation en coopérant avec un Fablab, une université, un laboratoire, une start-up ou tout simplement en participant à des challenges d’innovation comme les challenges étudiants ou les Hackatons.

Développer une culture de l’innovation

Si innover était facile, ça se saurait. C’est un défi collectif immense à relever, car bien souvent les résistances à l’innovation sont à l’intérieur de l’entreprise. Au quotidien, il est donc essentiel de rester souple sur les appuis et lutter contre les idées toutes faites.

C’est la raison pour laquelle vous devez développer une vraie culture de l’innovation. Cela revient à tout faire pour favoriser « la chance » dans vos projets d’innovation. La chance a une part importante dans l’innovation au même titre que le talent ou le travail. Or c’est une véritable compétence que vous pouvez améliorer dans vos projets.

La culture de l’innovation est aussi la culture de l’endurance et de la persévérance, car vous devez rester motivé durablement sur votre projet. Le chemin à suivre n’est pas un long fleuve tranquille. D’autant plus face à l’incertitude qui pèse actuellement sur nos sociétés. 

Innover est un art difficile émotionnellement, car au moment d’agir face à l’inconnu, la peur et le doute s’en mêlent. Vous devez accepter de prendre des risques pour remettre en cause l’existant tout en affrontant la peur de l’échec.

Pour vous rassurer et oser vous lancer dans l’aventure, il est important de prendre conscience que dans l’innovation toutes les idées naissent imparfaites et en réalité ce n’est pas un problème.

Gérer son temps en entreprise

Innover est bien beau, mais encore faut-il en avoir le temps. C’est souvent une des raisons invoquées en entreprise pour justifier le fait de ne pas innover. En réalité, l’innovation n’est pas toujours une affaire de temps et de moyens

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Malgré tout si vous manquez de temps, je vous rassure il est assez simple d’augmenter votre productivité avec quelques astuces faciles à mettre en place. Prenez le temps justement de mettre en place de bonnes pratiques qui pour le coup vous feront gagner un temps précieux, comme gérer vos priorités et mettre en place des routines.

Savoir communiquer une innovation

Dès lors que vous avez votre concept entre les mains, reste à savoir le communiquer : le « vendre ». C’est une chose à laquelle on ne pense pas forcément et d’ailleurs tout le monde n’est pas formé pour cela. En revanche, c’est un point capital pour que votre idée soit adoptée, que ce soit en interne ou auprès de vos clients.

La structuration et le contenu de votre présentation – votre Pitch – doivent répondre à certaines attentes pour que votre idée accroche votre interlocuteur et fasse mouche. Prenez soin de préparer cette phase de votre projet, car c’est la partie immergée de l’iceberg. C’est l’information que recevra votre client et s’il n’est pas convaincu, tout votre travail n’aura servi à rien.

Gérer la confidentialité

On ne pourrait pas parler d’innovation en entreprise sans parler de la confidentialité. Évidemment comme vous vous en doutez, certaines règles sont à respecter : il ne faut pas faire n’importe quoi. Mais il ne faut pas non plus que la confidentialité vous renferme sur vous-même. Vous devez absolument parler de votre projet, mais prudemment.

Il faut savoir qu’il existe plusieurs dispositifs pour protéger votre création comme le contrat de confidentialité, l’enveloppe Soleau, le brevet d’invention, les dessins et modèles ou tout simplement le secret. En avoir conscience, vous permettra d’appliquer le bon niveau de protection à votre projet et de communiquer plus sereinement.

Rechercher dans les bases brevet 

Le propre de l’innovation est de proposer quelque chose de nouveau et d’inventif, encore faut-il vous en assurer. Votre meilleur ami pour ça est la plateforme Espacenet pour vos recherches de brevet sur Internet. Elle vous permet de savoir si votre idée existe déjà, car il s’agit de ne pas réinventer la roue.

Ça vous permet aussi de savoir quand un brevet tombe dans le domaine public : ce qui est bien pratique lorsque vous faites face à un brevet proche de votre idée de concept. Il vaut mieux vous en assurer pour ne pas prendre de risques d’un point de vue juridique.

Les bases brevet sont une mine d’or à ciel ouvert. Vous pouvez les consulter par différents points d’entrée : en utilisant les mots-clés qui décrivent l’invention, en passant par les classifications ou en utilisant directement un numéro de brevet.

Pour chaque brevet, vous pouvez accéder à des dessins techniques et une explication détaillée de l’invention. Vous avez même accès aux autres brevets cités ou citant celui que vous êtes en train de consulter. Ce qui est très pratique pour connaître l’histoire de l’évolution d’un produit.

Cette connaissance technique libre d’accès est une ressource essentielle pour l’innovateur. Je vous encourage fortement à y consacrer du temps. Et vous verrez qu’assez rapidement vous apprendrez à lire les brevets efficacement en allant droit au but.

Protéger une création

Et qui sait – si ce n’est pas encore le cas – peut-être que vous aussi vous deviendrez un inventeur. Vous pourrez protéger la création de votre concept, car vous n’avez sans doute pas envie de vous faire copier au bout de quelques mois.

Il vous reste toujours le choix entre garder le secret ou déposer une demande de brevet. Il est important d’y réfléchir et de vous poser les bonnes questions dès le départ de votre projet, notamment concernant la divulgation des informations clés de votre concept.

Le questionnement autour des critères de brevetabilité de votre invention est à prendre en compte le plus tôt possible si vous comptez déposer une demande de brevet. Il faut savoir qu’une invention peut faire l’objet d’un brevet à condition de remplir 4 critères : la réponse à un problème technique, l’application industrielle, la nouveauté et l’inventivité.

Sans aller jusqu’au brevet, il est toujours possible de dater votre création par une enveloppe Soleau. C’est déjà un bon point de départ pour prouver que vous avez eu cette idée-là à une certaine date et faire valoir vos droits.

Et maintenant ?

L’innovation en entreprise doit être appréhendée de manière globale : c’est un tout. C’est la raison pour laquelle il est essentiel de prendre conscience de ces 4 piliers. Vous pourrez ainsi construire des fondations solides et durables pour faire face aux défis qui se présentent face à vous.

Cela vous permettra aussi de mesurer là où vous devez vous améliorer. Car il est important de chercher à progresser sans cesse pour proposer de nouveaux concepts que vos clients adopteront avec enthousiasme.

En conclusion, je rappellerai juste ces quelques points. Innover c’est savoir :

  • S’inspirer de ce qui existe déjà
  • Utiliser les bonnes contraintes pour faire évoluer les choses dans le bon sens
  • Créer de la valeur pour l’utilisateur
  • Faire (simple) et favoriser les bonnes pratiques

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